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Étincelle hardiment ta bouche vers l’avenir en
ce ciel pourtant inconnu. Au plus près de toi,
somptueuses et voluptueuses se dédoublent
écriture et voix.
Et qu’importe
si le ballet des ombres
vogue frémissant
sur l’immobile mer
Habitées
de grands arbres,
multiples tes îles
esquissent sur
ta peau
d’encrées broderies
Contre ton visage
épouse ta main
le monde
de notre Sud
Défie la pesanteur des pierres l’épaisseur du
rêve. Ourdit ta voix moults motifs d’imprésence à
mon regard nu. Entre tes lèvres mue l’irréversible
naissance.
Au seuil du jour
sur l’orbe bleue
de déchirés lumens,
comme l’oiseau qui
vers d’autres versants
se jette en la nuit
dans le trésor de l’œil,
tu m’es apparue sur
le fil de mon sommeil
entr’ouvert
Dans les strates de silence
s’hume la chair des jours,
s’ouvrent à la nuit
tes horizons de parole
Dans l’harmonie s’enchevêtrent nos mots
messagers, prisonniers du silence. Dès la trace
de nuit émergent en le refuge de la parole nos
voix.
Depuis d’illisibles racines
se nourrissent du feu les syllabes
solitaires l’une l’autre
Dans l’hypogée du temps,
entre tes doigts éveillés,
s’immiscent muets les mots
sous leurs cris assourdis
Parmi poussière et terre
sur les os de vies vécues
germinent allègres les lettres
comme des baisers fleuris
De la souterraine semence
au retrait de la pierre posée
tu alloues la montée de l’âme